Il faut que je me confesse. Si si, c'est urgent.
Depuis des années, j'ai une obscession, une adoration sans borne pour quelque chose qui a l'air si innocent en apparence, mais qui, comme toute addiction, peut se révéler dangeureuse. Voilà, j'adore Hello Kitty: dès que j'en vois, je craque, mon coeur bat la chamade, je me retiens de ne pas hurler des "ohhhhhh nonnnnn c'est troooop". Ca a commencé avec Hello Kitty, mais je me suis vite aperçu que j'étais en fait la victime de tout ce qui était petit et mignon, coloré, innocent.
J'essaie de faire attention, parce-que bon, ici surtout, l'argent part vite, très vite.
Mais il y a 2semaines, après de longs mois sans oser rentrer, j'ai finalement cédé: j'ai pénétré LA grande épicerie chinoise de Cambridge. Oups oups oups.
C'est grand, très très très fourni, il y a pleins de choses inconnues, bref, c'est le bonheur.
Il y a un rayon très dangeureux, et c'est là que le problème se pose: celui des bonbons.
Déjà à l'Ile Maurice, heureusement que j'étais en présence familiale, sinon, j'aurais dévalisé le rayon du supermarché plein de truc colorés et chinois. "Huhu, il FAUUUT que je goûte ça!!" me disais-je.
Mais non, devant le regard de mes parents qui prennent soin de me mettre en garde contre tout ce qui n'est pas bon pour les hanches ("wouuu my hips don't liiiie" aurait dit notre amie Shakira!).
Il y a deux semaines, donc, j'ai déjà acheté quelques petites choses, mais le problème, c'est que je ne suis pas victime de délicieuses appellation, photo ou autre, mais non, je suis victime du PACKAGING mes enfants! Eh oui, je suis donc la faible consommatrice de base, celle dont rêves ceux qui créent les pubs et autres emballage de nourriture.
Dans l'épicerie chinoise, donc, le soucis est que les sucreries sont presque toutes décorées avec des petits pandas, chats, oursons ou autres lapins. Et à ce niveau là, désolée, mais je ne peux plus lutter, c'est comme séga: c'est plus fort que moi.
Nombre de ces sucreries n'avaient pas leur nom traduit en anglais, ce qui n'aidait pas forcément. J'ai pourtant vu que beaucoup était faites à base (ou plutôt avait le goût de) "haw". Mais voilà, je n'avais jamais entendu ce mot avant. Les illustrations ne m'aidait pas: je savais bien que ce n'étais sûrement pas à la mamelle de koala ou autre cervelle de chatton rose.
Tant pis, il me fallait éclaircir le mystère, j'ai donc acheté, en plus des petits trucs mignons et sucrés, des bonbons emballés comme des pétards (à éclater sur le sol, mais des joints roooh pour qui me prenez-vous?). Le mystère, ça me plaît, et puis j'adore découvrir de noveaux goûts.

Voici donc les petits bonbons à la crème panda (oui je sais, c'est craquant, et le pire, c'est que c'est aussi bon que mignon!), la poudre pour faire de l'ice tea (pas très chinois, mais très pratique et bon!) et les fameuse "haw flakes", les seules ayant une petite image: je me suis dit que ce fruit m'avait l'air tout à fait orthodoxe, et qu'il fallait bien tenter, de toute façon: pfiou, je suis courageuse c'est pas possible!
Une fois à la maison, j'ai d'abord sauté sur mon dictionnaire, pour voir ce qu'était ce fameux "haw" dont les chinois raffollent apparemment. Il (mon dico) fût clair, net et précis: pas de doute, c'est de la cenelle. Cenelle? De la Cenelle? Que le mot m'ait échappé en anglais c'est compréhensible (j'ai surtout appris l'anglais avec Friends, les Beatles et les films, et ni Rachel, ni John, ni Ross ou Paul ou autre n'ont jamais mangé de "haw devant moi, faut bien le dire, et en 2 ans passés ici à Cambridge, idem: jamais rencontré ce fruit) mais merde, le français, c'est ma langue maternelle, et là, pour le coup, je n'avais jamais au grand jamais entendu parler de cenelle, même si le nom me paraissait fort joli. Robert (mon dico franco-français, donc) me certifia que la cenelle était une baie rouge. Merci Bob, pour le coup, tu m'as bien aidée, hum (en même temps, je ne sais pas à quoi je m'attendais: des excuses pour ne m'avoir jamais montré ce fruit de ma langue maternelle?).
Tant pis, paumée pour paumée, autant goûter nos pétales de cenelle, donc. Là, je ne sais pas comment décrire la sensation qui s'est emparée de moi, honnêtement: je crois bien m'être retrouvée en CP à la cantine, découvrant les malfaits de la langue de boeuf sur ma petite langue délicate (si si, je vous jure). Hum, je suis polie, même seule, j'ai donc avalé la chose (à peine un centimère et demi carré, c'était déjà énorme) et me suis jetée sur l'eau. AHHHHH: ATROCE... mais au moins je sais, et si un jour dans un dîner on me demande ce que je pense de la cenelle, je saurai répondre. Eh ouais.
Comme je suis amoureuse, j'aime faire découvrir et partager les endroits que j'aime à/avec mon copain. Hier, je l'ai donc emmené dans l'épicerie. Tout heureux qu'il était. En fait, il y avait pas mal de trucs vendus dans le Golf aussi, donc il avait autant ou presque de plaisir que moi. Pour moi, c'était l'apothéose: il y avait non seulement des nouveautés, mais en plus des nouveautés HELLOO KITTY! Je me suis tatée, re-tatée, pour finalement prendre toutes les petites figurines mignonnes et, surtout, très bon marchés, et certifiées Sanrio.

J'ai aussi acheté un lait au melon, je le goûterai plus tard, et des gelées au fruit: rien à voir avec la jelly anglaise hein, c'est
vraiment au fruit, et ma foi, c'est plutôt bon!

J'ai repris de la poudre pour ice tea (parfum "4 saisons avec du lychee", ça promet), et des petis biscuits Hello Kitty: comme les pandas de la dernière fois, mais au chocolat, avec en plus en cadeau des autocollants Hello Kitty!
Voili voulou.

Alors oui, je suis pire qu'une gamine de 8 ans (encore une fois!), oui, j'achète des choses pour leur emballage, oui, c'est faible, nul, mais déjà, j'en suis consciente, c'est le premier pas vers la guérison, et en plus, je rentre bientôt chez moi où on a pas tout ça, faut bien profiter, donc.
